Histoire des Chartreux

Ordre des chartreux
Ordre des chartreux

L’ordre des Chartreux fut fondé en 1084 par saint Bruno, lors de la création du monastère initial dans le massif montagneux de Chartreuse, au nord-est de Grenoble, en Dauphiné. Ecolâtre de Reims, il se retira avec six compagnons, quatre clercs et deux laïcs, afin de mettre en place la première communauté de moines-ermites : la Grande-Chartreuse. Etablissant les bases matricielles de l’ordre cartusien, saint Bruno fut appelé par le pape Urbain à Rome, en 1090. Souhaitant retrouver sa vie de solitude et d’ascétisme, il partit en Calabre fonder un second ermitage, sans lien institutionnel avec la construction iséroise, où il décéda le 6 octobre 1101.

Ce n’est qu’en 1127, sous le priorat de Guigues I, que furent mises par écrit les Coutumes pratiquées par les moines de la Grande-Chartreuse, à la demande de communautés voisines souhaitant vivre sur le même modèle. En 1140, l’ordre se plaçait véritablement aux côtés des grandes institutions monastiques du Moyen-Age comme les Bénédictins et les Cisterciens. A la même époque, des moniales voulurent embrasser la règle cartusienne et la branche féminine se développa assez rapidement. Se déroulant tous les deux ans, les chapitres généraux firent en sorte que les statuts furent légèrement modifiés au cours des siècles. Ils furent une dernière fois rénovés dans les années 1970 et 1980, à la suite du concile Vatican II.

A son apogée, au cours du XVIe siècle, l’ordre comptait plus de 150 maisons à travers le monde. Cependant, les guerres de Religion et la Révolution Française affaiblirent l’ordre qui fut contraint de fermer plus de la moitié de ses bâtiments. La raison est qu’il était perçu comme un ordre riche, tirant ses considérables ressources grâce aux revenus des domaines agricoles, de la métallurgie et de la sylviculture. Depuis la fin du XIXe siècle, l’ordre subit de plein fouet les violentes secousses socio-culturelles du monde moderne. En effet, après les coups de boutoir de l’anticléricalisme et la Première Guerre Mondiale, nombre de communautés ne se relevèrent jamais.

Depuis l’an 2000, deux chartreuses ont fermé mais deux nouvelles ont ouvert en Corée-du-Sud, où la demande est extrêmement forte. Aujourd’hui, 23 maisons fonctionnent encore sur 3 continents, l’Europe, l’Asie et l’Amérique, dont 6 sont situées en France, en Isère, dans l’Ain, dans le Var, dans les Alpes-de-Haute-Provence et en Aveyron. Bien qu’il soit difficile de l’affirmer avec certitude, cela correspond à un peu plus de 300 personnes sur l’ensemble du globe. Encore aujourd’hui, il reste délicat d’avoir un regard objectif sur cette forme de vie monastique parmi les plus étrangères aux mœurs et aux mentalités actuelles, y compris au sein même du catholicisme.